Page:Jules Vallès - L'Enfant.djvu/379

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J’entends cela de la chambre où je suis. Pauvre mère !

La personne qui venait chercher la leçon s’en va, ayant peur de recevoir une carafe à la tête, quelque bouteille égarée de son chemin, – si mon père rentrait et que nous nous prissions aux cheveux. Puis elle ne se sent pas le courage de parlementer pour ma culotte. En un mot, on a gardé des animaux dans notre famille, et elle vient chercher un professeur et non pas un berger.

Ma mère attend une réponse. (On doit lui écrire.)

« Je lui ai pourtant dit ce qu’il fallait dire, fait-elle en croisant les bras ; oh ! ces riches, ces riches !... »

Ah ! cette paysanne !

Ma réputation de fort en thème me fait retrouver pourtant une leçon, mais mon père, afin de m’humilier, ne me laisse pas même prendre dans sa garde-robe une culotte neuve. Mes habits ne tiennent pas.

Je suis forcé de m’asseoir de côté.

Je tremblai si fort un jour où l’on me dit :

« Donnez donc votre leçon dans le jardin, monsieur Vingtras, et ôtez votre paletot. Il fait si chaud ! Vous suez à grosses gouttes.

– Oh ! non, au contraire, merci.

Je ruisselle.

– Il a l’air timide, un peu inquiet, votre fils, dit-on à ma mère qu’on n’attendait pas, mais qui est

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