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AB — 9 — AB


BATOISON (La), corr. l'Abatoison, Ibid.

Abator, subst. masc. Qui est entré en possession.

Ce mot, dans les Tenures de Littleton, désigne celui qui s'est mis en possession, qui s'est saisi d'un héritage. (Voy. ABATEMENT ci-devant, et EMBATRE ci-après.)

Abatre, verbe, Abattre, mettre à bas. Abolir. Découpler, lâcher. Prendre possession.

Le premier sens, qui subsiste encore, est le sens propre ; et c'est en ce sens qu'on disoit autrefois Roi abatu, pour Roi détrôné, mis à bas de son trône.

Ha ! Karle Sire, vos commans ai passes,

Or i pert bien, que je suis mal-menés :

Se le saviés, gentiex Rois coronés,

Rois abatus en seroie clamés.

Anseis MS. fol. 21, V° col. 1.

.... je sai à essient ,

Se l'Empereur me fait secorement,

Que la Corone m'abatra erranment ;

Rois abatu serai tout mon vivant.

Anseis. MS. fol. 53, R° col. 1.

Le regné avés malement soustenu,

Autres l'aura, vous serés abatu.

Ibid. fol. 68, R° col. 1.

On disoit aussi abatre pour poser à terre. Dans un ancien livre de Vénerie, on lit " abattre les chairs " d'un animal mort qui doit servir d'apas " et traîner par les voies. " (Fouilloux, Vén. fol. 103, V°.) Ce mot exprime aujourd'hui presque toujours une idée d'effort ou de violence, comme en ce passage, où il signifie jeter par terre, renverser. " Ki abate femme à terre, pur faire lui force, la multe al Seigneur X. solz. " (Loix Norm. art. 19.)

On emploie quelquefois le mot Abatre dans le sens figuré de renverser, abolir. (Voyez Laur. Gloss. du Dr. Fr. au mot Abatre, et du Cange, Gloss. lat. au mot Abatare. - La Thaumass. Cout. d'Orl. p. 465, tit. de 1168.) De là, en parlant d'impôts, les abattre étoit les abolir, les supprimer. (Ordon. tom. I, p. 15, etc. tom. III, p. 34, etc.) En parlant de Confrairies, c'étoit les abolir, les anéantir, (ibid. T. III, p. 583.) En parlant des Monnoies, c'étoit les décrier ou en abolir le cours, (ibid. t. II, p. 192.)

En terme de chasse, on a dit abattre les chiens, pour les découpler, les lâcher : proprement abattre, ôter le couple qui les attache.

Et puis abattre ses chiens courrans.

Gace de la Bigne, des Ded. MS. fol. 109, R° Voy. ibid. fol. 102

Enfin Abattre s'est employé dans le sens de prendre possession d'un lieu, proprement s'abattre sur une terre, y entrer : ainsi on lit " quand le fils puisné abattit en la terre après la mort de son père, etc. " (Tenures de Littleton, fol. 13, R°.) On a vu ci-dessus ABATEMENT dans le même sens. (Voyez aussi EMBATRE ci-dessous.)

CONJUG.

Abate, ind. prés. Abat. (Voy. Loix Norm. art. 19.)

Abatuit, prétér. Abattit. (Voy. St-Bern. Serm. Fr. MSS. p. 4.)

VARIANTES :

ABATRE. Loix norm. p. 222. Athis. MS.

ABAUTRE. Athis. MS. fol. 106, R° col. 2.

ABBATRE. Cotgr. Dict.

HABATRE. Cotgr. Dict.

Abaubir, verbe. Etonner.

Ce mot subsiste encore au participe passif, avec l'orthographe d'ébaubir, dans le discours familier. Il signifie proprement frapper d'étonnement, de là s'abaubir, pour s'ébahir, demeurer stupéfait.

... chacun de vo valour

S'abaubit, et s'umelie.

Anc. Poët. Fr. MSS. avant 1300, t. IV. p. 1393.

VARIANTES :

ABAUBIR. Anc. Poës. Fr. MSS. du Vatic. n° 1522, fol. 154, V° col. 2.

ABAUDIR. Fabl. MS. du R. n° 7989, fol. 239, R° col. 2.

ÉBAUBIR. Molière, Tartuffe, Sc. 1re.

Abave, subst. masc. Bisayeul.

Du latin abavus, de même qu'on a dit ave ou ayeul du latin avus, grand-père. " Abave, grand ave " (Bouteill. Som. Rur. p. 464.)

VARIANTES :

ABAVE. Bouteill. Som. Rur. p. 464.

ABAYEUL. La Thaumass. Cout. de Berry, p. 270.

Abbadesque, adj.

Mot formé du latin Abbas, Abbé. " Les Fanfares et courvées Abbadesques des Roulle-bon-temps de la haute et basse Coquaigne, et dépendances. " (Voy. Beauch. Rech. sur le Th. fr. T. II, p. 32.) C'est le titre d'une pièce où l'Auteur faisoit sans doute allusion aux fêtes ou spectacles burlesques dont il est parlé ci-après sous le mot ABÉ.

Abbaiette, subst. fem. Diminutif d'Abbaye.

" Proierent humblement que nous donnissions à la Sainte Eglise de Cambray... une Abbaiette qui a nom Maroille. " (Trés. des Chart. Reg. 22, Pièce 6.)

Mal et vilanie et pechié

Fist de tel pucelette

Rendre en Abiete....

Honnis soit de Diu

Qui me fist Nonnette.

Chans. fr. du XIIIe siècle. MS. de Bouhier, ubi suprà.

(Voyez ABEIE ci-dessous.)

VARIANTES :

ABBAIETTE. Trés. des Chart. Reg. 22, Pièce 6.

ABIETE. Chans. fr. du XIIIe siècle. MS. de Bouhier, fol. 56, R° col. 2.

Abbannis, subst. masc. plur. Défenses, prohibitions.

" Les communautez ne peuvent faire Abbannis, mettre ban, ny règlement à leur bois et usages, sans l'autorité des Seigneurs, ou leurs Mayeurs. " (Cout. de Clermont, au nouv. Cout. gén. tom. II. p. 886, col. 1, etc. - Voy. ci-devant ABANNIR.)



(1) avec intention, sciemment. — (2) incontinent, aussitôt


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