Page:Laveleye - Les Nibelungen.djvu/34

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Quand les jeunes hommes, chevaliers et écuyers, joutaient dans la cour, Kriemhilt, la princesse respectée, le regardait souvent par la fenêtre, et alors elle ne désirait pas d’autres divertissements.

S’il avait su qu’elle le voyait, celle qu’il portait dans son âme, grande eût été sa joie ; si ses yeux avaient pu la voir, je puis l’affirmer, rien de plus doux en ce monde n’eût pu lui arriver.

Lorsqu’il se tenait près des guerriers dans la cour, ainsi qu’on fait dans les jeux, le fils de Sigelint paraissait si digne d’amour, que mainte femme le désirait par tendresse de cœur.

Il pensait aussi souvent : Comment arriverai-je à voir de mes yeux cette noble vierge que j’aime de toute mon âme et depuis si longtemps ? Elle m’est encore inconnue et je ne puis pas ne pas en être affligé.

Lorsque les rois puissants chevauchaient en leur pays, les guerriers devaient les suivre sans retard et avec eux aussi Siegfrid : c’était une douleur pour les femmes. Souvent à cause de son amour, il ressentait grande souffrance.

Ainsi il vécut auprès des chefs — telle est la vérité — dans le pays de Gunther une année tout entière, sans avoir vu la femme si digne d’amour, par qui lui advint ensuite beaucoup de bonheur et beaucoup d’affliction.






IV. COMMENT SIEGFRID COMBATTIT LES SAHSEN.


Des nouvelles étranges arrivèrent dans le pays de Gunther : des messagers lui étaient envoyés de loin par des guerriers inconnus, lesquels lui portaient de la haine.