Page:Laveleye - Les Nibelungen.djvu/357

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« Malheur ! s’écria le roi, comment a été tué par les mains d’une femme, le plus vaillant héros qui jamais s’élança dans la bataille ou qui porta un bouclier ! Quelque inimitié que j’eusse contre lui, j’en suis vraiment affligé. »

Alors le vieux Hildebrant parla : — « Elle ne jouira pas du plaisir d’avoir osé le tuer. Quoi qu’il ait pu me faire, et bien qu’il m’ait mis en un pressant danger, je veux pourtant venger la mort du vaillant chef de Troneje. »

Le vieux Hildebrant bondit vers Kriemhilt, et lui donna un terrible coup d’épée. La fureur d’Hildebrant porta malheur à la reine ; à quoi pouvaient lui servir ces cris lamentables ?

De toutes parts des cadavres couvraient la terre, et la noble femme gisait là presque coupée en deux. Dietrîch et Etzel se prirent à verser des larmes. Ils pleuraient amèrement leurs parents et leurs hommes.

Tant de gloire et d’honneur avait péri. Tous les peuples étaient dans l’affliction et le désespoir. La fête du roi se termina d’une façon sanglante, car souvent l’amour finit par produire le malheur.

Je ne puis vous raconter ce qui arriva depuis, si ce n’est qu’on voyait chevaliers, femmes et nobles varlets pleurer la mort de ceux qu’ils avaient aimés. Ici prend fin ce récit : c’est la détresse des Nibelungen.


FIN.