Page:Les Mille et Une Nuits, trad. Galland, Le Normant, 1806, II.djvu/14

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
4
LES MILLE ET UNE NUITS,


dans un si long voyage. Elle revint se réfugier chez moi, dans un état si digne de pitié, qu’elle en auroit inspiré aux cœurs les plus durs. Je la reçus avec toute l’affection qu’elle pouvoit attendre de moi. Je lui demandai pourquoi je la voyois dans une si malheureuse situation ; elle m’apprit en pleurant la mauvaise conduite de son mari, et l’indigne traitement qu’il lui avoit fait. Je fus touchée de son malheur, et j’en pleurai avec elle. Je la fis ensuite entrer au bain, je lui donnai de mes propres habits, je lui dis : « Ma sœur, vous êtes mon ainée, et je vous regarde comme ma mère. Pendant votre absence, Dieu a béni le peu de bien qui m’est tombé en partage, et l’emploi que j’en fais à nourrir et à élever des vers à soie. Comptez que je n’ai rien qui ne soit à vous, et dont vous ne puissiez disposer comme moi-même. »

» Nous demeurâmes toutes deux, et vécûmes ensemble pendant plusieurs mois en bonne intelligence. Comme nous nous entretenions sou-

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils