Page:Les Mille et Une Nuits, trad. Galland, Le Normant, 1806, II.djvu/16

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Croyez-moi, continuons de vivre ensemble le plus agréablement qu’il nous sera possible. »

» Tout ce que je leur dis, fut inutile. Elles avoient pris la résolution de se remarier ; elles l’exécutèrent. Mais elles revinrent me trouver au bout de quelques mois, et me firent mille excuses de n’avoir pas suivi mon conseil. « Vous êtes notre cadette, me dirent-elles, mais vous êtes plus sage que nous. Si vous voulez bien nous recevoir encore dans votre maison, et nous regarder comme vos esclaves, il ne nous arrivera plus de faire une si grande faute. » « Mes chères sœurs, leur répondis-je, je n’ai point changé à votre égard depuis notre dernière séparation, revenez et jouissez avec moi de ce que j’ai. » Je les embrassai, et nous demeurâmes ensemble comme auparavant.

» Il y avoit un an que nous vivions dans une union parfaite ; et voyant que Dieu avoit béni mon petit fonds, je formai le dessein de faire un voyage par mer, et de hasarder quelque cho-

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