Page:Les Mille et Une Nuits, trad. Galland, Le Normant, 1806, II.djvu/17

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se dans le commerce. Pour cet effet, je me rendis avec mes deux sœurs à Balsora, où j’achetai un vaisseau tout équipé, que je chargeai de marchandises que j’avois fait venir de Bagdad. Nous mîmes à la voile avec un vent favorable, et nous sortîmes bientôt du golfe Persique. Quand nous fûmes en pleine mer, nous prîmes la route des Indes ; et après vingt jours de navigation, nous vîmes terre. C’étoit une montagne fort haute, au pied de laquelle nous aperçûmes une ville de grande apparence. Comme nous avions le vent frais, nous arrivâmes de bonne heure au port, et nous y jetâmes l’ancre.

» Je n’eus pas la patience d’attendre que mes sœurs fussent en état de m’ accompagner ; je me fis débarquer seule, et j’allai droit à la porte de la ville. J’y vis une garde nombreuse de gens assis, et d’autres qui étoient debout avec un bâton à la main. Mais ils avoient tous l’air si hideux, que j’en fus effrayée. Remarquant toutefois qu’ils étoient immobiles, et qu’ils

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