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leur a permis de faire valoir toute la verve et tout le tragique imposés par les rôles principaux. Mlle Agthe en s’identifiant au sien a dit les séraphiques chants d’Elsa avec une pureté d’intention poétique et musicale et une justesse d’intonation rares, avec ce timbre argenté et voilé qu’on lui connaît, avec cet accent pathétique qu’elle a déjà si bien déployé dans l’Élisabeth de Tannhäuser. Mlle Fastlinger a joué et chanté de manière à faire frissonner son auditoire ; tantôt froidement mépri sante, tantôt exaspérée jusqu’à la fureur, elle a su durant le premier acte fixer l’attention sur sa physionomie mobile, et a produit le plus grand effet dans le long duo du second. MM. Beck, Milde, Höfer, ont rempli tout ce qu’on était en droit d’attendre de leurs talens. Quelque insuffisance qu’on eût pu remarquer dans les morceaux d’ensemble, le jeu et le chant de ces artistes donnèrent pourtant au soir du 28 Août, à la première représentation de Lohengrin, toute la solennité qui devait présider à l’inauguration d’une des plus remarquables productions de la poésie et de la musique contemporaines.