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ce que le texte chanté en Allemagne, est une traduction du texte anglais, faite par Herder.

Les chambres que Herder avait habitées furent exceptionnellement ouvertes au public, dans cette occasion. M. Röhr, qui les a occupées après lui comme successeur de sa charge, et qui déjà est mort aussi, les fit conserver intactes, dans l’état où les avait laissées son illustre prédécesseur. Dans un petit salon bleu, on voyait plusieurs portraits de Herder, qui, quoique faits d’après nature, étaient loin de nous rendre l’homme qu’on célébrait, avec autant de vérité que la statue de Mr. Schaller. En faisant cette observation, nous nous disions que s’il arrive au poëte et à l’artiste, de se tromper en cherchant le Beau là où il ne se trouve point, à eux seuls il est donné par compensation, de le saisir là où il échappe à d’autres, et de le faire comparaître à tous les yeux dans sa plus lumineuse radiance. Si sans tort parfois, on les accuse d’illusions devant certaines réalités, ils peuvent trouver une suffisante consolation en sentant qu’il en est d’autres, et les plus belles, qu’il n’appartient qu’à eux seuls de comprendre et de découvrir.

Dans cette chambre on voyait quelques reliques conservées avec soin, entres autres un bonnet de soie travaillé par la Gallemand Duchesse Amélie, dont l’âme