Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/176

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de feu que vomissait la sorcière, le Chat noir en vomissait trois, si bien qu’elle fut complètement réduite en cendres (*).

— C’est bien ! dit alors le Chat, tu n’as que ce que tu as mérité !



(*) Il existe, dans les campagnes bretonnes, un jeu d’enfants qui rappelle cette lutte à outrance du Chat noir contre la sorcière.

Voici en quoi il consiste : Un enfant crie ?

— Bataille !

Un autre lui répond :

— Bataille !

— Par où commencerons-nous ? reprend le premier.

— Par où tu voudras, répond le second.

— Eh bien ! commençons par le vent.

— Soit, par le vent.

Et ils se mettent alors à se souffler dans la figure, jusqu’à ce l’un d’eux demande grâce.

— A l’eau, à présent ! s’écrient-ils, alors.

Et ils se crachent à la figure, jusqu’à ce qu’il y en ait un qui s’avoue encore vaincu.

Enfin, pour la troisième épreuve, ils saisissent des tisons enflammés dans le foyer, et se poursuivent par toute la maison.

Un jeu analogue s’appelle, je crois, en français, !e jeu de Petit bonhomme vit encore ! Voici comment il se pratique, à l’endroit du tison : un enfant prend un tison au foyer, le secoue, crache sur le bout qui est en feu et le passe aussitôt à son voisin, en disant : « Petit bonhomme vit encore ! » Le second e secoue aussi, crache dessus et le passe à un troisième, qui le secoue et crache à son tour, et le passe à un quatrième, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il s’éteigne sous le crachat d’un joueur, lequel est passible d’une amende ou d’une pénitence. Cela s’appelle en breton : C’hoari kevic ann iteo.