Page:Maurice Joly - Les Affames - E Dentu Editeur - 1876.djvu/85

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Au même moment, un domestique portant une casaque rouge, et pouvant être un palefrenier, sortit de la loge du concierge et traversa la rue.

― Pardon, lui dit Georges en voyant qu'il avait une tête de Gros-René et en feignant de chercher une adresse, pouvez-vous me dire à qui appartient cet hôtel ?

― À M. le comte de Marcus.

― Ah ! très bien ! et ces dames qui viennent de rentrer ?

― C'est la nièce de M. le comte, Mlle de Nerval, que vous avez dû voir avec sa dame de compagnie.

― Très bien, mon ami ; merci, dit Georges qui se sentait rougir de sa hardiesse, je sais son nom. Mlle de Nerval !

Je suis un ver de terre amoureux d'une étoile,

dit-il, s'appliquant le vers de Ruy-Blas et certainement j'aurais moins de prix à ses yeux que l'un des laquais qui la servent ; car, toute réflexion faite, un lettré sans le sou ne vaut pas un laquais bien dressé ; puis, fermant le poing dans sa poche, il dit à vois basse avec une véhémence furieuse :

― Oh ! oui, je serai un jour riche et célèbre, ou je mourrai !