Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, VII.djvu/407

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L’oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l’aile et s’envola…
L’amour est loin, tu peux l’attendre ;
Tu ne l’attends plus, il est là…
Tout autour de toi, vite, vite,
Il vient, s’en va, puis il revient…
Tu crois le tenir, il t’évite ;
Tu crois l’éviter, il te tient !
L’amour est enfant de Bohême,
Il n’a jamais connu de loi ;
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime ;
Si je t’aime, prends garde à toi !

LES JEUNES GENS.
Carmen, sur tes pas nous nous pressons tous ;
Carmen, sois gentille ; au moins réponds-nous.

Moment de silence. — Les jeunes gens entourent Carmen ; celle-ci les regarde l’un après l’autre, sort du cercle qu’ils forment autour d’elle et s’en va droit à José, qui est toujours occupé de sa chaîne.


CARMEN.

Hé ! compère, qu’est-ce que tu fais là ?


JOSÉ.

Je fais une chaîne du fil de laiton, une chaîne pour attacher mon épinglette.


CARMEN, riant.

Ton épinglette, vraiment ! ton épinglette… épinglier de mon âme !…

Elle arrache de son corsage la fleur de cassie et la lance à don José ; il se lève brusquement. — La fleur de cassie est tombée à ses pieds. — Éclat de rire général. — La cloche de la manufacture sonne une deuxième fois ; sortie des ouvrières et des jeunes gens sur la reprise de :

L’amour est enfant de Bohême,
Etc.

Carmen sort la première en courant et elle entre dans la manufacture. — Les jeunes gens sortent à droite et à gauche. — Le lieutenant, qui, pendant cette scène, bavardait avec deux ou trois ouvrières, les quitte et rentre dans le poste après que les soldats y sont rentrés.