Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, VII.djvu/416

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JOSÉ.

Oui, mon lieutenant…


LE LIEUTENANT.

Et qu’est-ce qu’elle disait, mademoiselle Carmencita ?


JOSÉ.

Elle ne disait rien, mon lieutenant ; elle serrait les dents et roulait des yeux comme un caméléon.


CARMEN.

On m’avait provoquée… je n’ai fait que me défendre… Monsieur le brigadier vous le dira… (À José.) N’est-ce pas, monsieur le brigadier ?


JOSÉ, après un moment d’hésitation.

Tout ce que j’ai pu comprendre, au milieu du bruit, c’est qu’une discussion s’était élevée entre ces deux dames, et qu’à la suite de cette discussion, mademoiselle, avec le couteau dont elle coupait le bout des cigares, avait commencé à dessiner des croix de Saint-André sur le visage de sa camarade… (Le lieutenant regarde Carmen ; celle-ci, après un regard à José et un très léger haussement d’épaules, est redevenue impassible.) Le cas m’a paru clair. J’ai prié mademoiselle de me suivre… Elle a d’abord fait un mouvement comme pour résister… puis elle s’est résignée… et m’a suivi, douce comme un mouton !


LE LIEUTENANT.

Et la blessure de l’autre femme ?


JOSÉ.

Très légère, mon lieutenant : deux balafres à fleur de peau.


LE LIEUTENANT, à Carmen.

Eh bien, la belle ! vous avez entendu le brigadier ?… (À José.) Je n’ai pas besoin de vous demander si vous avez dit la vérité.