Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, VII.djvu/418

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


sans faire le moindre résistance, tend en souriant ses deux mains à José.) C’est dommage, vraiment, car elle est gentille… Mais, si gentille que vous soyez, vous n’en irez pas moins faire un tour à la prison. Vous pourrez y chanter vos chansons de Bohémienne ; le porte-clefs vous dira ce qu’il en pense… (Les mains de Carmen sont liées ; on la fait asseoir sur un escabeau devant le corps de garde. Elle reste là immobile, les yeux à terre.) Je vais écrire l’ordre. (À José.) C’est vous qui la conduirez…


Scène X

CARMEN, JOSÉ.


Un petit moment de silence. — Carmen lève les yeux et regarde José. Celui-ci se détourne, s’éloigne de quelques pas, puis revient à Carmen, qui le regarde toujours.


CARMEN.

Où me conduirez-vous ?


JOSÉ.

À la prison, ma pauvre enfant !…


CARMEN.

Hélas ! que deviendrai-je ? Seigneur officier, ayez pitié de moi… Vous êtes si gentil !… (José ne répond pas, s’éloigne et revient, toujours sous le regard de Carmen.) Cette corde… comme vous l’avez serrée, cette corde !… J’ai les poignets brisés.


JOSÉ, s’approchant de Carmen.

Si elle vous blesse, je puis le desserrer… Le lieutenant m’a dit de vous attacher les mains… il ne m’a pas dit…

Il desserre la corde.

CARMEN, bas.

Laisse-moi m’échapper… Je te donnerai un morceau