Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, VII.djvu/419

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de la bar lachi, une petite pierre qui te fera aimer de toutes les femmes.


JOSÉ, s’éloignant.

Nous ne sommes pas ici pour dire des balivernes… Il faut aller à la prison. C’est la consigne, et il n’y a pas de remède.

Silence.

CARMEN.

Tout à l’heure vous avez dit : « Foi de Navarrais!… » vous êtes des Provinces ?…


JOSÉ.

Je suis d’Elizondo…


CARMEN.

Et moi d’Etchalar…


JOSÉ, s’arrêtant.

D’Etchalar !… c’est à quatre heures d’Elizondo, Etchalar.


CARMEN.

Oui, c’est là que je suis née… J’ai été emmenée par des bohémiens à Séville. Je travaillais à la manufacture pour gagner de quoi retourner en Navarre, près de ma pauvre mère qui n’a que moi pour soutien… On m’a insultée parce que je ne suis pas de ce pays de filous, de marchands d’oranges pourries, et ces coquines se sont mises toutes contre moi parce que je leur ai dit que tous leurs Jacques de Séville avec leurs couteaux ne feraient pas peur à un gars de chez nous avec son béret bleu et son maquila… Camarade, mon ami, ne ferez-vous rien pour une payse ?


JOSÉ.

Vous êtes Navarraise ? vous !…


CARMEN.

Sans doute !…