Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, VII.djvu/420

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JOSÉ.

Allons donc !… il n’y a pas un mot de vrai… vos yeux seuls, votre bouche, votre teint… Tout vous dit bohémienne…


CARMEN.

Bohémienne, tu crois ?


JOSÉ.

J’en suis sûr…


CARMEN.

Au fait, je suis bien bonne de me donner la peine de mentir… Oui, je suis bohémienne, mais tu n’en feras moins ce que je te demande… Tu le feras parce que tu m’aimes…


JOSÉ.

Moi !


CARMEN.

Eh ! oui, tu m’aimes… ne me dis pas non, je m’y connais !… tes regards, la façon dont tu me parles… Et cette fleur que tu as gardée… oh ! tu peux la jeter maintenant… cela n’y fera rien : elle est restée assez de temps sur ton cœur ; le charme a opéré…


JOSÉ, avec colère.

Ne me parle plus, tu entends ! je te défends de me parler…


CARMEN.

C’est très bien, seigneur officier, c’est très bien… Vous me défendez de parler, je ne parlerai plus…

Elle regarde don José qui recule.

FINALE

CARMEN.
Près des remparts de Séville,
Chez mon ami Lillas Pastia,
J’irai danser la séguedille
Et boire du manzanilla !…