Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, VII.djvu/422

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CARMEN, (à peine chanté, murmuré).
Près de la porte de Séville,
Chez mon ami Lillas Pastia,
Nous danserons la séguedille
Et boirons du manzanilla.

JOSÉ.
Parlé.

Le lieutenant !… Prenez garde.

Carmen va se replacer sur son escabeau, les mains derrière le dos. Rentre le lieutenant.

Scène XI

Les Mêmes, LE LIEUTENANT, puis les Ouvriers, les Soldats, les Bourgeois.



LE LIEUTENANT.

Voici l’ordre… partez et faites bonne garde…


CARMEN, bas à José.
Sur le pont je te pousserai
Aussi fort que je le pourrai…
Laisse-toi renverser… le reste me regarde !

Elle se place entre les deux dragons. — José à côté d’elle. — Les femmes et les bourgeois, pendant ce temps, sont rentrés en scène, toujours maintenus à distance par les dragons. — Carmen traverse la scène de gauche à droite, allant vers le pont et chantant :

L’amour est enfant de Bohême,
Il n’a jamais connu de loi ;
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime ;
Si je t’aime, prends garde à toi !…

En arrivant à l’entrée du pont à droite, Carmen pousse José qui se laisse renverser… Confusion, désordre : Carmen s’enfuit… Arrivée au milieu du pont, elle s’arrête un instant, jette sa corde à la volée par-dessus le parapet du pont, et se sauve pendant que sur la scène, avec de grands éclats de rire, les cigarières entourent le lieutenant.