Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, VII.djvu/427

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brigadier qui était chargé de te conduire ayant jugé à propos de te laisser échapper… et de se faire dégrader et emprisonner pour cela…


CARMEN, sérieuse.

Dégrader et emprisonner ?…


LE LIEUTENANT.

Mon Dieu, oui !… on n’a pas voulu admettre qu’une aussi petite main ait été assez forte pour renverser un homme…


CARMEN.

Oh !


LE LIEUTENANT.

Cela n’a pas paru naturel…


CARMEN.

Et ce pauvre garçon et redevenu simple soldat ?…


LE LIEUTENANT.

Oui… et il a passé un mois en prison…


CARMEN.

Mais il en est sorti ?


LE LIEUTENANT.

Depuis hier seulement !


CARMEN, faisant claquer ses castagnettes.

Tout est bien, puisqu’il en est sorti, tout est bien !


LE LIEUTENANT.

À la bonne heure ! tu te consoles vite…


CARMEN, à part.

Et j’ai raison… (Haut.) Si vous m’en croyez, vous ferez comme moi : vous voulez nous emmener, nous ne voulons pas vous suivre… vous vous consolerez…


MORALÈS.

Il faudra bien !

La scène est interrompue par un chœur chanté dans la coulisse.