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Affaire d’honneur,
Affaire de cœur,
Pour nous tout est là,
Dragons d’Almanza !
Entre José.

Scène V

JOSÉ, CARMEN.



CARMEN.

Enfin… te voilà… C’est bien heureux !


JOSÉ.

Il y a deux heures seulement que je suis sorti de prison.


CARMEN.

Qui t’empêchait de sortir plus tôt ? Je t’avais envoyé une lime et une pièce d’or : avec la lime il fallait scier le plus gros barreau de ta prison ; avec la pièce d’or il fallait, chez le premier fripier venu, changer ton uniforme pour un habit bourgeois.


JOSÉ.

En effet, tout cela était possible.


CARMEN.

Pourquoi ne l’as-tu pas fait ?


JOSÉ.

Que veux-tu ? j’ai encore mon honneur de soldat, et déserter me semblerait un grand crime… Oh ! je ne t’en suis pas moins reconnaissant… Tu m’as envoyé une lime et une pièce d’or… La lime me servira pour affiler ma lance et je la garde comme souvenir de toi. (Lui tendant la pièce d’or.) Quant à l’argent…


CARMEN.

Tiens, il l’a gardé !… ça se trouve à merveille… (Criant