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ANDRÉ (Jean d’), le plus célèbre canoniste du 14e siècle, naquit, selon la plupart des auteurs, dans le canton du Mugello, près de Florence ; mais, selon Tiraboschi, d’après un passage de Jean d’André lui-même, c’est à Bologne qu’il naquit, et c’était Andréa son père qui était né au Mugello. Andréa était maître d’école à Bologne, et se fit prêtre lorsque Jean n’avait encore que huit ans. Élevé d’abord par son père, il étudia le droit canon sous plusieurs professeurs de cette universitè célèbre. Son dernier maître fut Gui de Baiso, archidiacre de Bologne, où il reçut gratuitement le doctorat. Ce fut aussi par son crédit qu’il obtint à Bologne une chaire de professeur ; il en remplit successivement deux autres, l’une à Padoue et l’autre à Pise. Il mourut de la peste à Bologne, le 7 juillet 1348 ; après avoir professé le droit canon pendant quarante-cinq ans avec le plus grand éclat. On a dit qu’il s’était fait dominicain, soit parce qu’il fut enterré dans l’église de ces religieux, soit parce qu’il avait pris le parti de cet ordre contre les franciscains, au sujet de la fameuse question de l’immaculée conception ; mais il est certain qu’il vécut et mourut séculier. On lui prodigua dans son épitaphe les titres pompeux d’archidocteur des décrets, de rabbin des docteurs, de lumière, de censeur, et de règle des mœurs (rabbi doctorum, lux, censor, normaque morum). On prétend que Buonincontro, surnommé d’Andrea, dont nous avons des traités de jurisprudence, était son fils naturel. Christine de Pisan assure que sa fille aînée, nommé Novella, qu’il maria depuis avec Jean Calderino, le remplaçait souvent, dans sa chaire, « et afin que la biaute d’elle n’empeschast pas la peunsée des oyans, elle avait une petite courtine au devant d’elle. » Les ouvrages qui nous restent de ce savant canoniste sont : 1° des commentaires sur les Décrétales et sur le Sexte, qu’il intitula Novellæ, du nom de sa mère et de sa fille, Rome, 1476 ; Pavie, 1484 ; Bâle, 1486 ; Venise, 1489, 1490 et 1581 ; 2° des commentaires sur les Clémentines, ou sur les Novelles de Clément V, Strasbourg, 1471 ; Mayence, Rome et Bâle, 1476 ; Lyon, 1552, in-fol. ; 3° des additions au Speculum juris de Durand, prises mot à mot des Consilia d’Oldrade, Paris, 1522 ; Bâle, 1574. C’est ainsi qu’il s’était encore approprié le traité de Sponsalibus et Matrimonie Jean Anguissolaou, Anguisciola. (Voy. Calderino.) T-d.


ANDRÉ (Valère), surnommé Desselius, du bourg de Desschel, dans le Brabant, où il était né en 1588, fut professeur royal de droit et bibliothécaire de l’université de Louvain, où il mourut en 1656. Cet auteur est principalement connu par l’ouvrage intitulé : Bibliotheca Belgica, Louvain, 1623, in-8° ; 1643, in-4°, édition augmentée. Foppens, chanoine de Bruxelles, en a donné une nouvelle édition en 1739, Bruxelles, in-4°, 2 vol., dans laquelle il a fondu ce qu’on trouve dans Lemire, Swerts et autres. Quoique cette dernière soit la plus belle. la plus ample et la plus utile, les curieux recherchent encore les premières, parce qu’elles contiennent des particularités que le nouvel éditeur a abrégées ou omises. C’est un bon ouvrage en ce genre, à quelques inexactitudes et quelques minuties près, défauts presque inséparables de cette sorte de composition. On a du même auteur : 1° Catalogus claroe, Hispaniæ scriptor, sous le nom de Val. Taxander ; Mogunt, 1607, in-4°, rare ; 2° Fasti academici studii Lovaniensis, etc., Louvain, 1636, in-4°, considérablement augmenté dans l’édition de 1650, qui fut mise à l’index ; 3° Synopsis juris canonici ; 4° de Toga et Sagis, etc. T-d.


ANDRÉ (Jacques), proprement Andreæ, célèbre théologien du 16e siècle, naquit en 1528, à Waiblingen ; dans le duché de Wurtemberg, fit ses études a Tubingen, et fut professeur de théologie, chancelier de l’université, et prévôt. Ses lumières, son énergie et son éloquence lui acquirent la plus grande considération dans l’Église luthérienne, et il n’y eut pas de réunion ou de colloque en matière de religion où il ne fût appelé. On l’a accusé de violence et d’esprit d’intrigue. Quoiqu’on ne puisse pas l’absoudre entièrement de ce reproche, il est sûr qu’il a rendu de grands services à sa communion. Il fit de nombreux voyages dans toutes les parties de l’Allemagne, pour y organiser le culte luthérien, et fut un des principaux auteurs de la Formula concordiæ (Formule de la concorde), dont la rédaction définitive fut arrêtée en 1576, au couvent de Bergen, près de Magdebourg, et qui devait mettre un terme à toutes les disputes élevées dans le sein de l’Allemagne protestante, depuis la mort de Luther. Le principal but de ce titre symbolique était d’opposer aux opinions des réformés sur l’eucharistie et la nature humaine de Jésus-Christ, à laquelle ils refusaient la toute-présence, la doctrine de ce réformateur ; et, si cette nouvelle profession de foi de ses sectateurs a rendu l’union des calvinistes et des chrétiens de la confession d’Augsbourg désormais beaucoup plus difficile, il n’est cependant pas douteux qu’elle n’ait ramené la concorde au milieu des luthériens eux-mêmes, en terminant ou assoupissant toutes les controverses qui avaient eu lieu sur la grâce, sue les sacrements, sur les bonnes œuvres, et sur la personne du Sauveur, depuis la naissance du culte protestant. Parmi les conférences que Jacques Andreœ tint sur des points religieux, il faut remarquer celle qu’il eut en 1571, avec Flacius, à Strasbourg, sur le péché originel, que ce dernier soutenait être la substance même de l’homme, et son entrevue avec Théodore de Bèze, à Montbelliard, quatre ans avant sa mort, qui arriva le 7 janvier 1590, à Tubingen. Ses nombreux écrits sont presque tous polémiques, dirigés contre le calvinisme et contre l’Église romaine, ou destinés à défendre la doctrine de l’ubiquité ou de la présence du corps du Christ en tous lieux. Ses contemporains l’ont aussi appelé Schmidlin, ou Fabricius (maréchal), à cause de la profession de son père. La vie de ce théologien a été écrite fort souvent, même en hexamètres latins, par Jean-Valentin Andreæ. On petit consulter Adami, Vitæ theo., p. 302. Son portrait est dans le Thaetrum de Freher, et on trouve une médaille frappée en son honneur dans le Musée de Mazucchi, t. 1, planche 95. S-r.


ANDRÉ, ou ANDREÆE (Jean-Valentin), un des hommes les plus utiles et les plus intéressants