Page:Molière - Édition Louandre, 1910, tome 2.djvu/187

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Philinte
Ma foi, vous ferez bien de garder le silence.

Contre votre partie éclatez un peu moins,
Et donnez au procès une part de vos soins.


Alceste
185Je n’en donnerai point, c’est une chose dite.



Philinte
Mais qui voulez-vous donc qui pour vous sollicite ?



Alceste
Qui je veux ? La raison, mon bon droit, l’équité.



Philinte
Aucun juge par vous ne sera visité ?



Alceste
Non. Est-ce que ma cause est injuste ou douteuse ?



Philinte
190J’en demeure d’accord : mais la brigue est fâcheuse,

Et…


Alceste
Et… Non. J’ai résolu de n’en pas faire un pas.

J’ai tort, ou j’ai raison.


Philinte
J’ai tort, ou j’ai raison. Ne vous y fiez pas.



Alceste
Je ne remuerai point.



Philinte
Je ne remuerai point. Votre partie est forte.

Et peut, par sa cabale, entraîner…


Alceste
Et peut, par sa cabale, entraîner… Il n’importe.



Philinte
195Vous vous tromperez.



Alceste
Vous vous tromperez. Soit. J’en veux voir le succès.



Philinte
Mais…



Alceste
Mais… J’aurai le plaisir de perdre mon procès.



Philinte
Mais enfin…



Alceste
Mais, enfin… Je verrai dans cette plaiderie