Page:Molière - Édition Louandre, 1910, tome 2.djvu/213

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Si plaisant que je suis.


Célimène
Si plaisant que je suis. Allez vite paraître

Où vous devez.


Alceste
775Où vous devez. J’y vais, madame, et sur mes pas

Je reviens en ce lieu pour vider nos débats.

Fin du second acte


ACTE III


Scène 1

Clitandre, Acaste.




Clitandre
Cher marquis, je te vois l’âme bien satisfaite ;

Toute chose t’égaie, et rien ne t’inquiète.
En bonne foi, crois-tu, sans t’éblouir les yeux,
780Avoir de grands sujets de paraître joyeux ?


Acaste
Parbleu ! je ne vois pas, lorsque je m’examine,

Où prendre aucun sujet d’avoir l’âme chagrine ;
J’ai du bien, je suis jeune, et sors d’une maison
Qui se peut dire noble, avec quelque raison ;
785Et je crois par le rang que me donne ma race,
Qu’il est fort peu d’emplois dont je ne sois en passe.
Pour le cœur, dont surtout nous devons faire cas,
On sait, sans vanité, que je n’en manque pas ;
Et l’on m’a vu pousser dans le monde une affaire
790D’une assez vigoureuse et gaillarde manière.
Pour de l’esprit, j’en ai, sans doute ; et du bon goût,
À juger sans étude et raisonner de tout ;
À faire aux nouveautés dont je suis idolâtre,
Figure de savant sur les bancs du théâtre ;
795Y décider en chef, et faire du fracas
À tous les beaux endroits qui méritent des has !