Page:Moreau.- Mémoires historiques et litteraires F.-J. Talma, 1827.djvu/55

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Mais ses succès avaient trop profondément blessé l’envie pour qu’elle abandonnât ses honteuses manœuvres ; elle répétait à voix basse que Talma avait été un des persécuteurs des comédiens français à l’époque où ceux-ci furent jetés dans les prisons du Luxembourg. Larive et mademoiselle Contat prirent sa défense, et détruisirent complètement un bruit absurde dont la honte rejaillit sur ses auteurs[2].

  1. fameux Saint- Georges, qui accompagnait Dumouriez, voulait absolument se jeter sur celui que Danton appelait son Boulle-dogue et dont la visite inattendue avait excité l’indignation de l’assemblée. Dugazon, qui par ses bouffonneries faisait toujours diversion aux scènes sérieuses, prit un réchaud, après le départ de Marat, et y brûla des parfums pour purifier l’air. A la fin du souper il improvisa une scène dans laquelle il imitait de la manière la plus comique le baragouin d’un soldat autrichien qu’un sergent français a fait prisonnier. Chénier, Chamfort, Méhul, Millin, Langiès, Riouffe, David, Ducis, presque tous les députés de la Gironde, et plusieurs hommes de lettres qui vivent encore, assistaient à cette fête dont on fit un crime à Talma. On criait le lendemain dans Paris, avec la feuille de l'Ami du peuple : « Détails de la fête donnée au traître Dumouriez par les aristocrates, chez l’acteur Talma", avec les noms des conspirateurs qui s'étaient proposé d’assassiner l’ami du peuple ! »
  2. Voici la lettre que mademoiselle Contat fit insérer