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LE CAMARADE INFIDELE ' 4^3
VOUS : non pas où elle se trouve, ce qui ne me regarde pas, mais si elle est en sûreté. Un jour que le besoin de confi- dences le démangeait plus particulièrement, Heuland m'a raconté les précautions un peu étranges dont il s'était fait une règle...
M"*" Gassin ne sourit plus :
— Ah, il vous a dit cela aussi...
— Il est donc bien exact qu'il vous redemandait ses lettres ?
— Ne le jugez pas sur les apparences. Vous savez comme il excellait à ces petites maladresses qui donnaient le change sur ses sentiments réels. Ne voyez en tout ceci <^u'un enfantillage d'homme amoureux. Il voulait que mes lettres fussent conservées avec les siennes, intercalées entre elles.
— Mais, continue impitoyablement Vernois, vous saviez où il cachait ces reliques ?
— Naturellement !
Au léger silence qui s'établit. M"" Gassin comprend qu'elle s'est trop avancée :
— C'est-à-dire, reprend-elle, je le savais. Mais, à son der- nier départ, il a eu l'idée d'une cachette plus sûre. Il n'a pas jugé prudent de me l'indiquer par lettre, de sorte qu'aujourd'hui... En croyant agir pour mon bien, pour- suit-elle avec plus de vivacité, mon ami m'a cruellement désarmée ; car enfin, si j'étais poussée à bout...
Un instant endormie, la méfiance de Vernois se réveille en sursaut :
— Je ne vois pas bien. Mademoiselle, dans quelles cir- constances vous pourriez avoir besoin...
La voix de M""" Gassin, qu'elle a nette et timbrée, prend plus d'éclat :
— Mais qu'elle se marie donc, qu'elle se marie, et que c'en soit fini de ces voiles, de ces soupirs, de ces photogra- phies sur tous les meubles. Vous me voyez en demi-deuil (Vernois remarque, en effet, une ceinture noire et un liseré
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