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EXTRAIT DE LA REVUE
MATÉRIAUX POUR L’HISTOIRE PRIMITIVE DE L’HOMME
3me Série — Tome III — 1886 — Août


LA GUADELOUPE PRÉHISTORIQUE
Par M. le Marquis DE NADAILLAC


Il est une certaine école plus nombreuse qu’on ne le pense, pour qui les temps préhistoriques sont une invention moderne. Selon ses adeptes, jamais les hommes n’ont été les contemporains des grands mammifères disparus ; ils n’ont point été réduits pour toute arme ou pour tout outil à quelques misérables cailloux à peine épointés, aux branches arrachées à l’arbre voisin. En vain les découvertes se multiplient-elles dans toutes les régions du globe, les dénégations persistent et jamais le proverbe si connu : Il n’est pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre, n’a été mieux justifié. Sans avoir l’espérance de convaincre ces sourds volontaires, nous ne nous lasserons pas d’appeler l’attention sur les découvertes que chaque jour apporte et cela dans tous les pays du monde. Aussi bien, je ne sais pas dans la longue histoire de l’humanité de fait plus remarquable que cette similitude constante du génie de l’homme à travers le temps et à travers l’espace, similitude dont ne peuvent s’empêcher d’être frappés les observateurs même les plus superficiels. Que l’on prenne les silex taillés ou simplement éclatés provenant de la France ou de l’Espagne, de l’Algérie ou du Cap, de la Plata ou de la Californie, qu’on les mêle au hasard, je défie à l’œil le plus exercé de classer chacun d’eux selon sa provenance. Il en est de même des outils ou des armes néolithiques, des poteries plus ou moins primitives ; partout, nous voyons le même travail, partout nous reconnaissons les mêmes formes, les mêmes procédés de fabrication. Sans doute des causes durables ou des causes accidentelles ont retardé ou avancé dans chaque région le développement de notre race ; l’influence du climat, la puissance de la végétation, le voisinage de la mer, la présence à la surface du sol de silex