Page:Nadaud - Chansons, 1870.djvu/216

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Que Dieu t’épargne la misère,…
Si tu n’es plus, entends ma voix ;
Mon souvenir, c’est ma prière.
Ah ! toujours on s’attendrira
Au souvenir de la jeunesse ;
Jamais on n’oublîra
Sa première maîtresse !




LE VOYAGE AÉRIEN.


J’ai rompu le dernier lien
Qui me rattachait à la terre ;
Sur mon navire aérien
Je m’élance dans l’atmosphère.

Le tissu flexible et léger,
Que gonfle le subtil fluide,
Part, sans secousse et sans danger,
Au hasard du vent qui le guide.

La terre s’éloigne de moi ;
Je glisse dans l’air diaphane ;
Je vois l’abîme sans effroi,
Et dans l’immensité je plane.

Les champs dorés et les prés verts,
Les eaux d’argent, les toits de brique,
Forment, avec leurs tons divers,
Une éclatante mosaïque.