Page:Nadaud - Chansons, 1870.djvu/233

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Ah ! ma plaie est encor saignante…
Que vois-je ? Elle rae tend la main ;
Sa voix est douce et pénétrante :
A demain, dit-elle, à demain !
Elle fuit… et je veux la suivre…
Des liens retiennent mes pas…
Jusqu’à demain laissez-moi vivre.
A demain ! Ne m’éveillez pas.




LA VIEILLE SERVANTE.


Gudule est la vieille servante
Qui nous tint petits en ses bras ;
L’âge a rendu sa main tremblante ;
Un long fauteuil retient ses pas.
Elle est près du foyer qui brille,
Comme un vieux portrait de famille.

Allons, Gudule, endormez-vous :
La cloche va tinter huit coups.

Dans sa pauvre tête alourdie
On sent décroître sa raison ;
Toute la famille est grandie ;
Elle est l’enfant de la maison.
Nous berçons sa triste vieillesse
Comme elle fit notre jeunesse.

Allons, Gudule, endormez-vous :
La cloche va tinter huit coups.