Page:Nadaud - Chansons, 1870.djvu/342

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


Et pourtant nous avons pleuré.
J’ai mis la fleur à cette page,
En disant : « Je me souviendrai. »

Assurez-vous, mon cœur, que, dans ce monde.
Rien d’éternel ne saurait vous lier ;
Le plaisir vif et la douleur profonde
Sont emportés au cours de la même onde ;
Mon cœur, mon cœur, vous savez oublier.




LE ROI BOITEUX.


Un roi d’Espagne, ou bien de France,
Avait un cor, un cor au pied ;
C’était au pied gauche, je pense ;
Il boitait à faire pitié.

Les courtisans, espèce adroite,
S’appliquèrent à l’imiter ;
Et qui de gauche, qui de droite,
Ils apprirent tous à boiter.

On vit bientôt le bénéfice
Que cette mode rapportait ;
Et, de l’antichambre à l’office,
Tout le monde boitait, boitait.

Un jour, un seigneur de province,
Oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince,
Ferme et droit comme un peuplier.