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CHAPITRE XVI


Bel exemple qui n’est pas assez suivi.
Croquis d’un prélat à la mode.


Maris ingrats, que vos femmes ont enrichis, et qui ne rougissez pas de leur faire souffrir des privations, qui leur faites trouver l’indigence dans leurs maisons, où vous êtes entrés vous-mêmes indigents, et peu dignes de cesser jamais de l’être, apprenez de l’équitable et délicat Sylvino comment un galant homme se conduit quand il doit tout à sa femme.

Sylvino, sur le point de se séparer de la sienne, non seulement se départit de toute son autorité et la mit à la tête des affaires d’intérêt avec plein pouvoir, mais encore il lui fit présent de mille louis que son compagnon de voyage lui avançait pour le dédommager de son déplacement. Cette libéralité de l’Anglais, ce désintéressement de l’artiste, n’étonneront, sans doute, que le plus petit nombre de mes lecteurs.

Nous nous trouvions dans l’aisance ; nos curieux partaient munis des plus grandes ressources ; nous étions de la sorte tous à peu près contents quand la séparation se fit.

Le plus grand talent de ma tante était de bien tenir une maison. Cependant, malgré la prudente économie avec laquelle la dépense se faisait dans la nôtre, le ton sur lequel nous débutâmes nous eût bientôt ruinées, si Sylvina ne se fût résignée à faire entrer pour quelque chose l’opulence et la libéralité de certains amants dans la considération des motifs qui déterminaient son choix en leur faveur.

Grâce à la prodigalité d’un gros Américain, qui fit pour elle des folies excessives pendant trois mois, nous étions encore éloignées de déchoir, lorsque notre char rapide accrocha brusquement monseigneur de… qui n’était connu dans son diocèse que de ses fermiers, mais qui l’était à