Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/142

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cœur qu’il me semblait que j’en arrachais des fibres en vous parlant. Je faisais ainsi la parodie de mes propres émotions. Il me semblait qu’il était question d’une autre, et que je vous disais : Voyez ce rêveur, cet insensé, qui vous aime si follement.

Ne redoutez rien de ma présence et de mes paroles, j’ai su calmer enfin des agitations, des inégalités qu’il vous a été plus facile de comprendre que d’excuser peut-être ; j’ai appris à redevenir courageux et patient, je ne veux plus compromettre en quelques instants toutes les chances d’une destinée, et je me dis que, dans l’affection que je vous porte, il y a trop de passé pour qu’il n’y ait pas beaucoup d’avenir !