Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/177

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Ah ! ma pauvre amie, je ne sais quels rêves vous avez faits ; mais moi, je sors d’une nuit terrible. Je suis malheureux par ma faute, peut-être, et non par la vôtre ; mais je le suis. Oh ! peut-être vous avez eu déjà quelques bonnes intentions pour moi ; mais je les ai laissé perdre et je me suis exposé à votre colère. Grand Dieu ! excusez mon désordre, pardonnez-moi les combats de mon âme. Oui, c’est vrai, j’ai voulu vous le cacher en vain, je vous désire autant que je vous aime ; mais je mourrais plutôt que d’exciter encore une fois votre mécontentement.

Oh ! pardonnez ! je ne suis pas volage, moi ; depuis trois ans, je vous suis fidèle, je le jure devant Dieu ! Si vous tenez un peu à moi, voulez-vous m’abandonner encore à ces vaines ardeurs qui me tuent ? Je vous avoue tout cela pour que vous y songiez plus tard ; car je vous l’ai dit, quelque espoir que vous ayez bien voulu me donner, ce n’est pas à un jour fixe que je voudrais vous obtenir :