Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/188

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Je me réveille en poussant des cris de joie !

Mon amie, le bonheur est une chose noble et sérieuse, et il n’y a de gaieté folle que pour les plaisirs de l’enfant. J’ai la joie du ciel dans le cœur ; vos bontés me ravissent, et c’est de l’enthousiasme aujourd’hui que j’éprouve pour vous. Que vous soyez aussi bonne que belle, aussi sensible que charmante, ah ! voilà ce que je n’avais jamais osé espérer, voilà ce qui m’aurait donné cent fois plus de force encore ; mais j’ai manqué de confiance en vous et j’en ai été puni par de bien longues douleurs.

Maintenant, que viens-je vous offrir ? Mon âme abattue, endolorie, qui peut à peine comprendre que ses mauvais jours sont passés et qui se remet encore de temps à autre à s’attrister, par habitude. Oh ! les transports de la jeunesse, l’éclair des yeux qui se rencontrent, l’imagination qui déborde en de ravissantes extases, voilà ce que je perds de jour en jour ! Serez-vous assez récompensée de