Page:Ni Marat ni Roland.djvu/12

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


par des hommes qui, semblables au commissaire tremblant Kersaint, sont ennemis nés des grandes pensées, et des belles actions. Les nombreux valets de Lafayette ne sont pas morts avec lui ; il leur faut une nouvelle idole, un mode quelconque de servitude.

Je crus m’apercevoir que Roland exerçoit une espèce de dictature, d’autant plus qu’à l’aide de douze ou quinze secrétaires, et avec l’esprit de la bouche de fer, et avec l’argent de la nation, il est facile de couvrir tous les murs, et de remplir toutes les poches de lettres édifiantes, de comptes moraux mystiques. Je vis que Roland avoit fait la jonction des deux mers par un canal moral qui unissoit les bouches du Rhône à la Gironde. Je craignois que ce nouveau Louis XIV n’eût une cour qui le conduisît aussi jésuitiquement que la Maintenon et le père la Chaise. Comme je hais la cour, je ne retournai plus chez Roland, qui peut aussi m’appliquer le mot connu de Charles Lameth, président de l’assemblée constituante : Cloots fuie les grandeurs. Long-temps avant sa présidence, j’étois guéri de celui que sa fameuse égratignure m’avoit fait connoître personnellement ; J’en atteste notre collègue Massieu, évêque de Beauvais. Ce n’est pas que je veuille comparer les mystificateurs Lameth au mystifié Roland, dont