Page:Ni Marat ni Roland.djvu/5

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Guadet, qui m’a sommé, par les plus exécrables vociférations, de ne pas insister sur mon dire, et qui auroit voulu, avec sa large conscience, me faire palier modestement pour un menteur, afin d’éviter un prétendu massacre populaire. La chaleur de Guadet me parut très-suspecte ; mais ne lui ayant jamais entendu professer des hérésies politiques, j’en conclus qu’il avoit trop dîné. Peut-être suis-je trop indulgent.

Malgré les petits sophismes et les petites passions, la vérité triomphera sous le règne de la liberté ; la faction du genre humain l’emportera sur la faction Marat, et sur la faction Brissot. Cette victoire sera d’autant plus facile, que Marat est, à peu près, seul avec ses poignards, comme Médée avec ses poisons. Le moi du grand Corneille pourroit s’appliquer à l’extravagant Marat ; quant à Brissot, je ne connois pas d’homme moins brissotin que lui ; mais ses

avec le doux Kersaint, que la guerre est nécessaire de temps en temps ; qu’il faut des saignées au genre humain comme au corps humain. Et cependant Kersaint, qui veut à jamais des massacres en bataille rangée, abhorre Marat, qui ne veut pas de révolution au bain-marie.