Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/116

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Dans la recherche de la connaissance, je ne sens aussi que la joie de ma volonté, la joie d’engendrer et de devenir ; et s’il y a de l’innocence dans ma connaissance, c’est parce qu’il y a en elle de la volonté d’engendrer.

Cette volonté m’a attiré loin de Dieu et des dieux ; qu’y aurait-il donc à créer, s’il y avait des dieux ?

Mais mon ardente volonté de créer me pousse toujours à nouveau vers les hommes ; ainsi le marteau est poussé vers la pierre.

Hélas ! ô hommes, une image sommeille pour moi dans la pierre, l'image de mes images ! Hélas, qu'il lui faille dormir dans la pierre la plus dure et la plus laide !

Maintenant mon marteau se déchaîne cruellement contre sa prison. La pierre se morcelle : que m’importe ?

Je veux achever cette image : car une ombre m’a visité — la chose la plus silencieuse et la plus légère est venue auprès de moi !

La beauté du Surhumain m’a visité comme une ombre. Hélas, mes frères ! Que m’importent encore — les dieux ! —

Ainsi parlait Zarathoustra.

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