Page:Nietzsche - La Volonté de puissance, t. 2.djvu/21

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Si, d’après Aristote, le principium contradictionis est le plus certain de tous les principes, s’il est le dernier, celui qui se trouve au sommet et auquel remonte toutes les démonstrations, si le principe de tous les autres axiomes réside en lui : ce serait le cas de considérer d’autant plus sévèrement, combien d’affirmations il présuppose en somme déjà. Ou bien, on affirme avec lui quelque chose qui concerne la réalité, l’être, comme s’il en avait déjà connaissance par ailleurs ; c’est-à-dire que l’on ne peut pas lui prêter d’attributs contraires. On bien, la proposition signifie que l’on ne doit pas lui prêter d’attributs contraires. Alors la logique serait un impératif, non point pour la connaissance du vrai, mais pour fixer et accommoder un monde que nous devons appeler vrai.

Bref, la question reste ouverte : les axiomes logiques sont-ils adéquats à la réalité, ou bien sont-ils des mesures et des moyens pour créer, à notre usage, les choses réelles, le concept de « réalité » ?… Or, pour pouvoir affirmer la première chose, il faudrait, comme je l’ai indiqué, déjà connaître l’être ; ce qui n’est absolument pas le cas. Le principe ne contient donc pas un critérium de vérité, mais un impératif au sujet de ce qui doit passer pour vrai.

En admettant que cet A identique à lui-même, tel que l’admet tout principe de logique (et aussi la mathématique), n’existe pas, en admettant que