Page:Pierquin - Le Poème anglo-saxon de Beowulf.djvu/55

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Comme le territoire peut être possédé par une communauté d’hommes, ou par diverses familles ou maisons, sous des conditions déterminées, il convient d’examiner séparément, chacun des caractères de ces teneurs. En premier lieu, doit être faite l’étude de la possession commune, car de celle-ci dépendent l’état politique lui-même, les lois de constitution de cet état, et sa place par rapport aux autres états. Parmi les Anglo-Saxons, le territoire ainsi possédé en commun, était dénommé marche, ou shire.

La plus simple et la moins considérable de ces divisions communes était celle désignée par le mot marche (mearc). C’est là, la première division générale aboutissant, par ordre successif, aux propriétés privées, — ou alods des hommes de la Marche. Comme son nom l’indique, la marche (mark)représente quelque chose de défini, strictement délimité, et dont le caractère exclusif du droit d’autrui, est révélé par des signes extérieurs. C’est la partie de territoire sur laquelle se sont établis un plus ou moins grand nombre d’hommes libres, pour la mettre en valeur par la culture, et pour tirer de leur association, profit et protection mutuels. Ce territoire comprend une portion de terre arable et de pâtures, dont l’étendue est proportionnée au nombre de ceux qui doivent la posséder[1]. Quelqu’ait été, à l’origine, la condition des tribus germaines, l’histoire les représente toujours, comme vivant d’agriculture et d’élevage[2]. Quand les Germains s’élevèrent contre Rome, ils avaient cessé d’être, de longue date, des pasteurs, des chasseurs ou des pêcheurs errants.

  1. « Agri, pro numero cultorum, ab universis per vices occupantur, quos mox inter se, secundum dignationem, partiuntur ; facilitatem partiendi camporum spatia præstant. » Tacit., Germ., 26.
  2. « Sola terræ seges imperatur ». Tacit, Germ., 26. « Frumenti modum dominus, aut pecoris, aut vestis, ut colono iniungit : et servus hactenus paret », Ibid., 25. « Hordeum et frumentum », Ibid., 23.