Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, I et II.djvu/43
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Ainsi donc, ils l’aiment parce qu’il est saint ; mais il n’est pas saint parce qu’ils l’aiment.
Il paraît.
D’un autre côté, le saint n’est aimable aux dieux, n’est aimé des dieux, que parce que les dieux l’aiment ?
Qui peut le nier ?
Il suit de là, cher Euthyphron, qu’être aimable aux dieux, et être saint, sont choses fort différentes.
[10e]. Comment, Socrate ?
Oui, puisque nous sommes tombés d’accord que les dieux aiment le saint parce qu’il est saint, et qu’il n’est pas saint parce qu’ils l’aiment. N’en sommes-nous pas convenus ?
Je l’avoue.
Au contraire, ce qui est aimable aux dieux n’est tel que parce que les dieux l’aiment, par le