Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, I et II.djvu/42
La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.
parce qu’on la fait ; que ce qui pâtit ne pâtit pas parce qu’il est pâtissant, mais qu’il est pâtissant parce qu’il pâtit. N’est-ce pas ?
Qui en doute ?
Être aimé n’est-ce pas aussi un fait, ou une manière de pâtir ?
Oui.
Et n’en est-il pas de ce qui est aimé comme de tout le reste ? ce n’est pas parce qu’il est aimé qu’on l’aime ; mais c’est parce qu’on l’aime qu’il est aimé.
Cela est plus clair que le jour.
[10d]. Que dirons-nous donc du saint, moi cher Euthyphron ? Tous les dieux ne l’aiment-ils pas, selon toi ?
Oui, sans doute.
Est-ce parce qu’il est saint, ou par quelque autre raison ?
Par aucune autre raison, sinon qu’il est saint.