Page:Poe - Derniers Contes.djvu/15

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tesques.. Grecques par leur beauté, Égyptiennes par leur difformité, elles formaient un ensemble bien français. Dans la quatrième niche, la statue était voilée ; elle n’était pas colossale. Elle avait une cheville effilée, des sandales aux pieds. De l’Omelette mit sa main sur son cœur, ferma les yeux, les leva, et poussa du coude sa Majesté Satanique — en rougissant.

Mais les peintures ! — Cypris ! Astarté ! Astoreth ! elles étaient mille et toujours la même ! Et Raphaël les avait vues ! Oui, Raphaël avait passé par là ; car n’avait-il pas peint la… ? et par conséquent n’était-il pas damné ? — Les peintures ! Les peintures ! Ô luxure ! Ô amour ! — Qui donc, à la vue de ces beautés défendues, pourrait avoir des yeux pour les délicates devises des cadres d’or qui étoilaient les murs d’hyacinthe et de porphyre ?

Mais le Duc sent défaillir son cœur. Ce n’est pas, comme on pourrait le supposer, la magnificence qui lui donne le vertige ; il n’est point ivre des exhalaisons extatiques de ces innombrables encensoirs. Il est vrai que tout cela lui a donné à penser — mais ! Le Duc de l’Omelette est frappé de