Page:Poe - Derniers Contes.djvu/14

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


était bien comme il faut. Ce n’était ni sa longueur, ni sa largeur — mais sa hauteur ! — ah ! c’était quelque chose d’effrayant ! — Il n’y avait pas de plafond — pas l’ombre d’un plafond — mais une masse épaisse de nuages couleur de feu qui tournoyaient. Pendant que sa Grâce regardait en l’air, la tête lui tourna. D’en haut pendait une chaîne d’un métal inconnu, rouge-sang, dont l’extrémité supérieure se perdait, comme la ville de Boston, parmi les nues. À son extrémité inférieure, se balançait un large fanal. Le Duc le prit pour un rubis ; mais ce rubis versait une lumière si intense, si immobile, si terrible ! une lumière telle que la Perse n’en avait jamais adoré — que le Guèbre n’en avait jamais imaginé — que le Musulman n’en avait jamais rêvé — quand, saturé d’opium, il se dirigeait en chancelant vers son lit de pavots, s’étendait le dos sur les fleurs, et la face tournée vers le Dieu Apollon. Le Duc murmura un léger juron, décidément approbateur.

Les coins de la chambre s’arrondissaient en niches. Trois de ces niches étaient remplies par des statues de proportions gigan-