Page:Poe - Derniers Contes.djvu/36

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ble logis pour exposer ma vie dans de pareilles aventures ; mais le regret étant inutile, je m’arrangeai de mon mieux de la situation, et travaillai à m’assurer les bonnes grâces de l’animal à la trompette, qui semblait exercer une certaine autorité sur ses compagnons. J’y réussis si bien, qu’au bout de quelques jours il me donna plusieurs témoignages de sa faveur, et en vint à prendre la peine de m’enseigner les éléments de ce qu’il y avait une certaine outrecuidance à appeler son langage. Je finis par pouvoir converser facilement avec lui et lui faire comprendre l’ardent désir que j’avais de voir le monde.

» Washish squashish squeak, Sinbad, hey-diddle diddle, grunt unt grumble, hiss, fiss, whiss, me dit-il un jour après dîner — mais je vous demande mille pardons, j’oubliais que Votre Majesté n’est pas familiarisée avec le dialecte des Coqs-hennissants (ainsi s’appelaient les animaux-hommes ; leur langage, comme je le présume, formant le lien entre la langue des chevaux et celle des coqs.) Avec votre permission, je traduirai : Washish squashish et le reste. Cela veut dire : « Je suis heureux, mon cher Sinbad,