Page:Poe - Derniers Contes.djvu/44

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


des cornes qui ressemblaient à des faux. Ces hideuses bêtes se creusent de vastes cavernes dans le sol en forme d’entonnoir, et en entourent l’entrée d’une ligne de rocs entassés l’un sur l’autre de telle sorte qu’ils ne peuvent manquer de tomber instantanément, quand d’autres animaux s’y aventurent ; ceux-ci se trouvent ainsi précipités dans le repaire du monstre, où leur sang est immédiatement sucé, après quoi leur carcasse est dédaigneusement lancée à une immense distance de la « caverne de la mort[1]. »

« Peuh ! » dit le roi.

« Continuant notre chemin, nous vîmes un district abondant en végétaux, qui ne poussaient pas sur le sol, mais dans l’air[2]. Il y en avait qui naissaient de la substance

  1. Le Formicaleo. On peut appliquer le terme de monstre aux petits êtres anormaux aussi bien qu’aux grands, les épithètes telles que celle de vaste étant purement comparatives. La caverne du Formicaleo est vaste en comparaison de celle de la fourmi rouge ordinaire. Un grain de sable est aussi un roc.
  2. L’Epidendron, flos aeris, de la famille des Orchidées, n’a que l’extrémité de ses racines attachées à un arbre ou à un autre objet d’où il ne tire aucune nourriture ; il ne vit que d’air.