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CONTE DE CARÊME


À Bertrand Guégan.


Un jour donc, de semaine sainte,
Il y a bien longtemps — que trop !
J’entrai dans la modeste enceinte
D’un très respectable bistro,
Malgré ma mémoire insonore,
Je me souviens fort bien encore
D’avoir pris, à mon déjeuner,
Des pruneaux, afin de jeûner,
Et que la patronne elle-même
Me servit ce mets de carême.
Comme mes yeux les supputaient,
Je vis tout d’abord qu’ils étaient
Au nombre de sept. Pas un fifre
De plus. Pourquoi, diable, ce chiffre
Me frappa-t-il ?… Je ne sais pas.
Toujours est-il qu’il me frappa.