Page:Ponchon - La Muse au cabaret, 1920.djvu/187

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Bah ! — dis-je — c’est sans importance.
C’est au petit bonheur, je pense.
Aujourd’hui, je n’en ai que sept…
Demain, j’en aurai huit, qui sait ?…
Peut-être même davantage,
Si ce n’est six, pour tout potage.

À mon grand étonneraient, j’eus,
Le lendemain comme la veille,
Sept pruneaux baignés dans leur jus.
Et pendant sept ans, ô merveille !
— J’en jure les Dieux infernaux —
Je n’eus jamais que sept pruneaux !
C’était son chiffre symbolique,
À cette femme — fatidique ;
Elle vous comptait sept pruneaux,
Comme elle aurait fait, somme toute,
Mettons… sept péchés capitaux…
Sept merveilles aussi, sans doute,
Sept sages de la Grèce encor,
Ou sept chefs devant Thèbes ?…
Ou sept chefs devant Thèbes ?…Or,
Un vendredi saint, à ma table,
Je m’aperçus qu’un pauvre diable
Venait de manger, comme moi,
Des pruneaux. Quel fut mon émoi,
En constatant, sur son assiette,
Huit noyaux ! C’était bien beaucoup :
Pensez, si je faillis, du coup,
M’étrangler avec ma serviette !