Page:Ramayana, trad. Roussel, tome 1.djvu/29

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10. Personne qui n’y porte anneaux, couronnes, guirlandes de fleurs, qui n’y vive dans un grand luxe, qui ne se baigne, ne s’oigne les membres, ne se parfume.

11. On n’y trouve personne qui ne s’y nourrisse de mets purs, qui ne s’y montre plein de munificence, qui n’ait des bracelets et des joyaux sur la poitrine, ou aux mains ; personne qui n’y soit maître de ses sens,

12. Personne qui n’y allume des feux sacrés, ou qui n’y offre des sacrifices. Point de pervers ni de voleurs dans Ayodhyâ, non plus que de gens de mauvaise conduite, ou de naissance illégitime.

13. Les Brahmanes y observent avec joie et constamment leurs obligations, les sens domptés ; ils font de la libéralité et de l’étude leurs pratiques habituelles ; ils se montrent pleins de réserve dans l’acceptation des présents.

14. On ne voit point parmi eux d’incrédules, de fourbes, ni d’ignorants ; point d’envieux, ni d’impotents, ni de gens sans éducation.

15. Personne qui ne sache les six Angas ne s’y rencontre, ni qui soit infidèle à ses vœux, ni qui ne soit très instruit ; (là) nul pauvre, nul qui n’ait l’esprit et le corps sains.

16. On ne saurait trouver d’homme ou de femme qui ne soit doué de fortune et de beauté, dans la ville d’Ayodhyâ, non plus que de gens qui ne soient dévoués au roi.

17. Les membres des quatre castes, de la première à la quatrième, y honorent les Dieux et les hôtes ; ils sont reconnaissants, généreux, braves, pleins d’héroïsme.

18. Les gens vivent tous longtemps ; ils observent fidèlement la loi et la vérité ; ils sont entourés jusqu’à la fin de leurs fils, de leurs petits-fils et de leurs femmes, dans cette ville, la première (de toutes).

19. Là, les Kshatriyas ont à leur tête les Brahmanes. Les Vaiçyas y sont dévoués aux Kshatriyas. Les Çûdras, affermis dans le devoir, y servent les trois (autres castes).

20. Cette ville avait pour vigilant gardien le chef de la race d’Ikshvâku, de même qu’autrefois elle avait eu le sage Manu, l’Indra des hommes.

21. Elle était remplie de guerriers pareils à Agni, beaux, belliqueux, versés dans la science (des armes) : c’était une caverne de lions.

22. Elle abonde en chevaux excellents (de race) Bâhlîka, nés dans la région du Kamboja, en chevaux de première qualité, issus du Vanâyu ou des bords du fleuve (Sindhu), (et pareils à ceux) de Hari.