Page:Ranc - Souvenirs-correspondance, 1831-1908.djvu/20

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France, après le long exil que t’avait coûté ta condamnation à mort. Ton retour ne coûte rien à ta dignité et nous te serrons la main, tout comme tes amis qui sont nos ennemis.

Ton affectionné,
Ed. Biré.


20 juin 1898.


Mon cher Arthur,


Glisse un mot dans l’un de tes articles sur mon livre. Comment t’y prendras-tu, vil radical, centre gauche, farouche républicain sectaire ? tu te souviendras de Poitiers !

À toi,
Ed. Biré.


Ranc eut tout jeune la passion de la lecture. Vers 1846, il dévorait les nouveaux ouvrages de Sainte-Beuve, Hugo, Vigny, Musset, Nodier, Mérimée, Toppfer, Manzoni, Eugène Sue. Son grand-oncle lui expliquait quelques passages des récentes publications de Pierre Leroux, Fourier, Proudhon.

Le recteur, de plus en plus serein, déclarait :

« Mes neveux, cette époque où je vais vous quitter décentralise la pensée républicaine. Laissons le gouvernement pourchasser impitoyablement dans la capitale les républicains, leurs agissements, leurs projets, sans s’inquiéter des progrès que l’idée républicaine poursuit chez nous en province.

« En attendant, c’est nous provinciaux, qui avons le