Page:René Crevel La Mort Difficile 1926 Simon Kra Editeur.djvu/49

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bonne pour dire à sa chère Louisa si ce qu’on dit est vrai.

Herminie a grand-peur. Que dit-on Louisa ?

Louisa sourit. Elle est assez gênée, baisse la voix, ton de la confidence, tourne sa langue dans sa bouche, plutôt quatorze fois que sept et finit par déclarer qu’elle n’ira point par quatre chemins, que si une mandragore n’a point poussé entre les lattes du parquet dans l’appartement de Blok, là où Monsieur s’est suicidé, elle voudrait tout de même être fixée et savoir si ce qu’on affirme des pendus et ce qu’elle-même a lu dans un roman, dont elle ne se rappelle pas le titre, et qu’elle avait acheté dans une gare pour passer le temps en chemin de fer…

Mme Blok n’y est pas du tout.

Mme Dumont-Dufour veut-elle en venir ?

Des fauteuils se rapprochent. Chuchotement et question difficile à poser. Mme Blok qui doit y répondre devient pivoine.

— Oh ma chère je n’ai pas été y voir. C’est le domestique qui l’a déshabillé et enseveli ; tout ce que je puis vous dire c’est que la culotte à grands carreaux qui pourtant n’avait jamais été portée s’est tout de suite mangée aux mites et justement à l’entrecuisse.

— Ce serait donc vrai ?

Mme Dumont-Dufour demandera des précisions à son médecin, et elle fera part à son amie des résultats de son enquête.