Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 86.djvu/435

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existante les 215 millions 1/2 qui restent à émettre, puisqu’ils ne serviront qu’à convertir en obligations vendues au public des bons de délégation déjà négociés au Crédit foncier.

Aux 947 millions environ fournis par ces quatre emprunts successifs, il convient d’ajouter le remboursement des bons de la caisse des travaux, dont le chiffre a varié plusieurs fois, et qu’une dernière décision du corps législatif avait limité à 100 millions ; mais ce n’est pas 100 millions seulement qu’il faut rembourser, puisque, dans son dernier rapport, M. Haussmann avoue une avance de 27 millions en plus. La ville possédant encore environ pour 62 millions de terrains acquis, on devrait peut-être défalquer cette somme du montant de la dette flottante de la caisse des travaux. Malheureusement une telle masse de terrains ne peut être vendue à la fois, et puisque la liquidation de la caisse des travaux a dû commencer au 1er janvier 1870, il faut considérer le montant des bons comme une dette à consolider ; c’est donc 127 millions à ajouter aux 947 millions de la dette fondée, en laissant la vente des terrains de la ville entrer peu à peu dans les ressources extraordinaires de l’avenir.

Est-ce tout ? Non sans doute ; il y a encore à faire la part des mécomptes et de l’imprévu. La manière de procéder de M. Haussmann est connue : quand il demandait l’émission d’un emprunt, un autre était déjà nécessité par des dépenses engagées. Lors de l’emprunt de 300 millions en 1865, les bons de délégation avaient déjà cours. En 1867, le traité avec le Crédit foncier est conclu pour 398 millions, et au commencement de 1869 le corps législatif reconnaît que, outre les 398 millions avancés par le Crédit foncier pour les bons de délégation, il faut encore payer 54 millions 1/2 à divers concessionnaires et près de 13 millions pour des acquisitions d’immeubles. Toutefois, en autorisant cette grosse émission de 465 millions, la chambre croit avoir donné le moyen de liquider tout le passé ; mais voilà que huit mois après le préfet confesse de nouveaux mécomptes dans les évaluations : 33 millions d’engagemens restent à solder sur les trois réseaux ; aussi demande-t-il que le solde de l’emprunt de 1869 soit élevé de 215 millions à 250. Le budget extraordinaire est présenté au conseil d’état avec cette rectification, et c’est en fait un nouvel emprunt de plus de 35 millions, de 40 même avec les frais d’émission, qu’il faut ajouter aux précédens.

Une autre dépense encore, urgente par sa nature, déjà entamée, quoique non approuvée, ajoute de nouvelles charges au fardeau de la ville. — Lorsque le corps législatif, votant la loi du 18 avril 1869, s’efforçait d’arrêter les empiétemens d’une administration qui avait pu, sans l’intervention des représentans du pays, escompter si gravement l’avenir, on est venu déclarer à la tribune que le préfet, à ce moment même, ne craignait pas de traiter avec une compagnie