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Origines, développement et disparition du catharisme dans la France méridionale, d’après de nouvelles recherches.
Histoire des Albigeois, — Les Albigeois et l’Inquisition, par Napoléon Peyrat, Paris 1872.


L’histoire de France est depuis longtemps la plus étudiée et la mieux connue des histoires ; cela n’empêche pas que bien des points ont encore besoin d’être éclairés. Notre formation nationale se distingue par un caractère de continuité, de progrès régulier, retardé parfois par de grands désastres, mais reprenant toujours après l’orage sa direction constante. Cela suppose évidemment l’homogénéité foncière des parties intégrantes de l’unité française, sans qu’on doive nier pour cela les variétés qui en diversifient la surface. Ce progrès ne s’accomplit pas sans absorber chemin faisant des élémens étranges, disparates, réfractaires même, qui ressemblent à des blocs erratiques lentement recouverts par les alluvions d’un grand fleuve, et dont il est difficile ensuite de définir la nature et la provenance. Pourtant ils sont là, mole sua stantes, on ne peut les éliminer, et même ils servent, sinon de cause, au moins d’occasion, aux événemens les plus décisifs qui aient concouru à faire la France. La croisade albigeoise du XIIIe siècle, le curieux essai de réforme qui la provoqua, la persistance prolongée de ce mouvement en dépit des circonstances les plus décourageantes, enfin l’extinction totale, absolue du catharisme en des temps où d’autres fermens religieux pourchassés avec non moins d’acharnement s’affirment avec une intensité croissante et tendent déjà la